Dans le cadre du projet CORECRABE, la Zone 2 – Mahajanga rassemble l’intégralité du littorale de la région Boeny avec les district de Mahajanga II, Soalala , Mitsinjo, Marovoay, et une partie du littoral de la région Sofia avec les districts d’Analalava et Boriziny. La zone de Mahajanga possède la plus grande étendue de mangrove de Madagascar avec plus 65 000 hectares de forêt (source WWF). Cette mangrove est répartie dans 4 principales baies :

  • Au sud : la Baie de Baly, la Baie de Boeny et la baie de Marambitsy 
  • A nord : la baie de la Mahajamba

Ces deux paysages sont séparés par un des plus grands estuaires de Madagascar: l’estuaire de la Betsiboka. 

La zone de Mahajanga est la première région productrice de crabe de mangrove à Madagascar. Du fait de son étendue , de sa complexité et de l’hétérogénéité de ces paysages, le projet CORECRABE a séparé la région  en deux zones bien distinctes: 

1)Le 1er atelier Atelier "CRABE-BOENY"

  • Création du GT « Crabe-Boeny »

Le Groupe de travail « Gestion et gouvernance de la filière du crabe de mangrove dans la zone de la Mahajamba et de Soalala » (ou GT CRABE-Boeny) cible la pêcherie et la filière au niveau de la côte ouest de la région Boeny. Le GT  vise à rassembler les acteurs de la filière crabe : acteurs directs (pêcheurs, mareyeurs, collecteurs, exportateurs) et indirects (Région, communes, services techniques, projets de développement et organisations de recherche).

  • Organisation du GT « CRABE-BOENY »

Il est proposé que le GT « CRABE-Boeny » fonctionne par des réunions successives de 2020 à 2023, avec une organisation de travail qui suit la démarche de recherche-action prônée par CORECRABE.

  • Objectifs spécifiques du GT « CRABE-BOENY »

Les objectifs spécifiques de ce premier atelier du GT « CRABE-BOENY » sont:

  • Composer un premier collectif de représentants des parties prenantes de la filière crabe dans la zone de Mahajanga.
  • Initier la démarche de modélisation d’accompagnement et obtenir l’adhésion du collectif
  • Co-construire avec ce collectif un premier modèle conceptuel de la filière crabe dans la zone lors d’un atelier de diagnostic (appelé ADIAG)
  • Réfléchir conjointement sur des complémentarités et synergies entre les actions du projet CORECRABE et d’autres interventions, dont les actions programmées et potentielles du projet SWIOFish2.

Des opportunités de collaboration et d’action concrètes sont identifiées, pour compléter et renforcer les activités le long de la filière crabe de mangrove.

  • Résultats et conclusion du GT « CRABE-BOENY »

Les premiers retours des participants ont été positifs.  Il a été formulés durant l’atelier, plusieurs recommandations pour l’amélioration du fonctionnement et de la performance socioéconomique et écologique de la filière dans la zone:

  1. La destruction de la mangrove : cité comme un problème récurant et important, la problématique ne tient pas uniquement des actions de la filière mais doit être appuyé par plusieurs actions locales (reboisement, création de CLB …) et par l’intervention des agents de la DREDD et des forces de l’ordre.
  2. La baisse de la ressource : la diminution de la ressource est constaté par tous les niveaux de la filière et est perçu comme liée, en partie, à la destruction de la mangrove (vu précedamment) et à la surpêche. Le non-respect de la réglementation (collecte de crabes en dessous de la taille minimale et le non-respect de la saison de fermeture) est mis en avant. Cette baisse doit attirer l’administration sur l’exploitation actuelle excessive des ressources de crabes.
  3. Prix de vente trop faible : revendication courante dans une chaine de valeur, pour y faire face deux solutions sont proposées: i)  Supprimer le monopole d’exportation actuel des crabes vivants pour augmenter la concurrence pour l’achat des crabes aux pêcheurs et mareyeurs, car ce monopole serait responsable du contrôle des prix bas (solution jugée plus simple et rapide a adopté que la 2ème solution). ii)  Réfléchir à un « prix acceptable » pour définir un prix minimum (mais pouvant augmenter en fonction du marché, de la taille des crabes…). Ce prix devrait varier par région. Comme pour le GT « BATAN-CRABE » , une étude de la distribution de la rente dans la filière est approuvée pour apporter des éléments sur cette question.
  4. Effets de la corruption sur l’ensemble de la chaîne de valeurs: cette corruption a pour effet, d’un point de vue économique,  de réduire l’efficacité des instruments d’action publiques déployés pour la gestion de la ressource : elle favorise le maintien de pêcheurs et de mareyeurs informels, des pratiques illicites comme la pêche des petits crabes, une concurrence biaisée voire neutralisée entre collecteurs, une évasion de la parafiscalité et empêche une conservation effective de la forêt de palétuviers, ce qui aurait pour effet de réduire le stock de crabes. La seule solution évoquée est l’application des textes réglementaires aux différentes échelles administratives.