1) Description des pêcheries de crabe dans la région Boeny

Dans le cadre du projet CORECRABE, la Zone 2 – Mahajanga rassemble l’intégralité du littorale de la région Boeny avec les district de Mahajanga II, Soalala , Mitsinjo, Marovoay, et une partie du littoral de la région Sofia avec les districts d’Analalava et Boriziny. La zone de Mahajanga possède la plus grande étendue de mangrove de Madagascar avec plus 65 000 hectares de forêt (source WWF). Cette mangrove est répartie dans 4 principales baies :

  • Au sud : la Baie de Baly, la Baie de Boeny et la baie de Marambitsy 
  • A nord : la baie de la Mahajamba

Ces deux paysages sont séparés par un des plus grands estuaires de Madagascar: l’estuaire de la Betsiboka. 

  • Les pêcheurs de crabe de la région de Boeny

(en cours d’écriture)

  • Circuit de commercialisation

(en cours d’écriture)

2) Le Suivi des pêcheries de la région Boeny

  • Sélection des sites de suivi des pêcheries

La zone de Mahajanga est la première région productrice de crabe de mangrove à Madagascar. Du fait de son étendue , de sa complexité et de l’hétérogénéité de ces paysages, le projet CORECRABE a séparé la région  en deux zones bien distinctes: 

Zone CORECRABE 2.1 – Mahajamba 

Zone CORECRABE 2.2 – Soalala (3 villages suivis)

  • Nombres d’enquêtes réalisées

Le tableau ci-dessous rassemble l’ensemble des enquêtes réalisées sur la région (dernière mise à jour le 25/04/2021) :

Suivi des pêcheries villageoises sur la zone 2 Boeny

VillageEnquêtes RENAFEP-MADA Enquêtes "Pêcheur"Enquêtes "Acheteur"Total par village
Baly2360141377
Marotia3190102421
Sambiravo3097661291204
Total par type d'enquête 8647663722002
  • Techniques de pêches au crabe utilisées

(en cours d’écriture)

3)Le 1er atelier Atelier "CRABE-BOENY"

  • Création du GT « Crabe-Boeny »

Le Groupe de travail « Gestion et gouvernance de la filière du crabe de mangrove dans la zone de la Mahajamba et de Soalala » (ou GT CRABE-Boeny) cible la pêcherie et la filière au niveau de la côte ouest de la région Boeny. La zone est historiquement l’une des premières zones exploitées pour le crabe de mangrove à Madagascar et la principale zone de production. Elle s’étend au nord (baie de Mahajamba, frontalière de la région Sofia) et au sud de Mahajanga (Baie de Boeny à la baie de Soalala). Les deux zones correspondent à trois districts administratifs (Soalala, Mitsinjo et Mahajanga II).

Le GT  CRABE-BOENY  intervient notamment en appui appui à la création d’une plateforme de cogestion de la filière crabe par le programme SWIOFISH2 du MAEP dans la région nord-ouest de Madagascar. Cette plateforme de concertation vise à rassembler les acteurs de la filière crabe : acteurs directs (pêcheurs, mareyeurs, collecteurs, exportateurs) et indirects (Région, communes, services techniques, projets de développement et organisations de recherche).

  • Organisation du GT « CRABE-BOENY »

Il est proposé que le GT « CRABE-Boeny » fonctionne par des réunions successives de 2020 à 2023, avec une organisation de travail qui suit la démarche de recherche-action prônée par CORECRABE.

  • Objectifs spécifiques du GT « CRABE-BOENY »

Les objectifs spécifiques de ce premier atelier du GT « CRABE-BOENY » sont:

  1. Composer un premier collectif de représentants des parties prenantes de la filière crabe dans la zone de Mahajanga (de Mahajamba à Soalala).
  2. Initier la démarche de modélisation d’accompagnement et obtenir l’adhésion du collectif.
  3. Co-construire avec ce collectif un premier modèle conceptuel de la filière crabe dans la zone lors d’un atelier de diagnostic (appelé ADIAG)
  4. Réfléchir conjointement sur des complémentarités et synergies entre les actions du projet CORECRABE et d’autres interventions, dont les actions programmées et potentielles du projet SWIOFish2. Des opportunités de collaboration et d’action concrètes sont identifiées, pour compléter et renforcer les activités le long de la filière crabe de mangrove.
  • Résultats et conclusion du GT « CRABE-BOENY »

Les participants ont déclaré être satisfaits de la démarche engagée et intéressés par une collaboration plus approfondie avec les projets SWIOFish2 et CORECRABE dans le cadre du Groupe de Travail créé à cette occasion, notamment pour suivre la mise en œuvre des actions par rapport aux problèmes identifiés et permettre des échanges d’informations et d’idées entre les acteurs directs et indirects (car il n’existe pas actuellement d’espace de discussion et de coopération).
Suite à cette première expérience jugée réussie, une meilleure proximité entre les équipes de ces deux projets sera cependant utile pour mettre en œuvre en pratique les synergies exposées. L’organisation des prochaines réunions suffisamment à l’avance pourrait aussi être améliorée pour faciliter les échanges. Il a été formulés durant l’atelier, plusieurs recommandations pour l’amélioration du fonctionnement et de la performance socioéconomique et écologique de la filière dans la zone:

  1. Prix d’achat des crabes : Le prix d’achat des sociétés de collecte est jugé insuffisant par les pêcheurs et les mareyeurs/petits collecteurs, compte tenu de la valeur ajoutée des crabes destinés à l’exportation en produits vivants. L’attention de l’Etat est attirée par le GT pour soutenir ce marché national porteur en créant plus de valeur ajoutée. Le GT propose d’analyser deux options : i) supprimer le monopole d’exportation actuel des crabes vivants pour augmenter la concurrence pour l’achat des crabes aux pêcheurs et mareyeurs, car ce monopole est perçu comme responsable du contrôle des prix bas ou ii) définir un prix minimum équitable (mais pouvant augmenter en fonction du marché, de la taille des crabes…).
  2. Etat des ressources en crabes de mangrove : la baisse des captures a été pointée du doigt à Mahajanga, première région où le crabe de mangrove a été exploité commercialement, à la fin des années 1980, ce qui est un problème de baisse de revenus pour les pêcheurs et les mareyeurs. A noter que la baisse perçue de production et donc d’exportation de crabes de taille légale (11 cm) se traduit également par une baisse des ristournes aux collectivités locales et des redevances à l’Etat à l’exportation, lesquelles sont calculées en volume.
    Cette baisse doit attirer l’attention de l’administration et du CEDP sur l’exploitation actuelle jugée excessive des ressources de crabes, pour prendre les mesures nécessaires. Les captures de petits crabes sont notamment jugées responsables de cette baisse, en raison de contrôles insuffisants du Centre de Surveillance des Pêches (CSP) du MAEP. Le GT relève que certaines sociétés feraient l’objet de favoritisme pour l’absence de contrôle sur les tailles des produits exportés. La responsabilité n’est pas reportée sur les pêcheurs qui, du fait de leur pauvreté, recherchent tous les moyens d’améliorer leurs faibles revenus.
  3. Action par les communautés locales : l’existence d’une CLB (ou VOI/COBA) dans les villages côtiers est jugée utile pour sensibiliser les habitants et observer le déroulement des activités de pêche et de l’exploitation du bois de mangrove ou le reboisement de palétuviers sur leur « territoire », mais pas assez efficace aujourd’hui pour faire respecter les règles locales et nationales en vigueur (Homologation rapide des DINA, d’avantage d’appuie par les autorités de police, meilleur information/formation des CLB)
  4. Conservation des mangroves : le GT recommande de créer des incitations au reboisement de palétuviers, notamment pour les sociétés d’exportations de crabe.

Ces recommandations sont formulées pour améliorer le fonctionnement et la durabilité socioéconomique et écologique de la filière dans la région. Elles seront communiquées de manière transparente aux acteurs directs et indirects concernés. Elles devront être prises en compte par les projets CORECRABE et SWIOFISH2 pour la prochaine réunion du GT.

Vous pouvez retrouvez le détails du GT « CRABE BOENY » en téléchargent le document « ici« .