Les mangroves de Madagascar

Estimé à environ 210 000 hectares, les mangroves de Madagascar représentent 2% du recouvrement mondiale en mangrove et couvrent ainsi 20% des mangroves africaines. La majeure partie des mangroves malagasy sont concentrées sur la côte Ouest face au canal du Mozambique. Les peuplements les plus importants se concentrent sur la partie Nord-Ouest dans la région Boeny (baie de Mahajamba, estuaire du Bombetoka, Baie de la Mahavavy et baie de Baly). De nombreux peuplements de mangroves sont également retrouvés dans les régions de Diana (Baie d’Ampasindava, Baie d’Ambaro), Sofia (Baie de Narinda, Antsohihy, Maromandia), Menabe (Estuaire de la Tsiribihina), Atsimo-Andrefana (Estuaire du Mangoky, Baie de Befotaka).

En 2013, Le projet CRABMADA (mené en partenariat par l’IH.SM et OCEA Consult’ a actualisé la cartographie du recouvrement en mangrove sur la côte Ouest de Madagascar:

Typologie et cartographie de la mangrove sur les zones d'étude.

La typologie des mangroves des différentes zones d’études sera étudiée de manière précise et permettra de détailler les résultats cartographiques obtenus par le projet Smartfish. La plateforme SEAS-OI fournira dans ce but des imageries satellite à haute résolution (image Sentinel) des 5 zones cibles du projet.

L’Université de la Réunion mobilise une étudiante spécialisée en télédétection et cartographie environnementale (UMR ESPACE-DEV). Le sujet se concentre sur la « Mise en place d’une procédure semi-automatisée de description de l’état de la mangrove de Madagascar et utilisation pour la gestion de la ressource en crabe Scylla serrata ».

En lien avec le bureau d’étude OCEA Consult’, elle coordonnera la production et l’actualisation de cartographie de mangrove. Le travail de cartographie se concentrera en premier lieu à  (i) caractériser les zones de mangrove à partir des séries temporelles d’images Sentinel2, en mode semi-automatisé en privilégiant une approche non supervisée. Cette caractérisation pourra être complété par le développement et la mise en œuvre d’une méthode de vérification de terrain participative (densité forestière, taxons, tailles des arbres, qualité et densité du substrat). ). Le développement de cette phase de vérification est originale au sens où elle couvrira toute la côte ouest de Madagascar, en faisant appel à des ressources humaines déjà en place sur le terrain, mais d’horizons très diversifiés (ingénieurs halieutiques, collecteur de crabes, villageois formés aux enquêtes halieutiques…).Cette phase doit permettre d’aboutir à une description simplifiée, mais robuste et reproductible de l’état de la forêt de mangrove, reprenant des critères essentiels du couvert forestier et de son activité photosynthétique.

Caractérisation de l'impact de la coupe de mangrove sur les ressources en crabe - cas de l'estuaire de la Bombetoka

Au 2ème semestre 2021, une étude écologique est menée par une étudiante de l’IH.SM et concerne la « « Caractérisation de l’impact de la coupe de forêt de mangrove sur les ressources en crabe Scylla serrata (cas de l’estuaire de Bombetoka dans la région Boeny) ». Ce travail est pilotée par le bureau d’étude  Magnirike et un chercheur l’IRD basé à Antananarivo.

L’objectif est de démontrer les relations entre la qualité du couvert de mangrove et l’abondance en crabe Scylla serrata. Pour cela, un état des lieux de la mangrove du delta de la Bombetoka et son évolution au cours des 3 dernière année a été mené au préalable à partir d’image Sentinelle 2. Un indice de végétation par différence normalisée (NDVI) a ainsi été calculé pour chaque image.La moyenne des NDVIs d’une année a été calculée, puis soustraite par celle de l’année précédente pour permettre d’identifier les changements de cette activité chlorophyllienne en termes de stabilité, gain ou perte entre ces deux années. L’intégration de masques, délimitant la mangrove de la zone d’étude, suivie d’une détermination d’anomalies positives ou négatives, au moyen d’un seuillage (moyenne ± écart type), a permis d’obtenir une carte des anomalies entre deux années successives, soit 3 cartes d’anomalies (2018-2019, 2019-2020 et 2020-2021). L’union de ces 3 cartes d’anomalies en une seule carte a été réalisée pour comprendre l’évolution et la dynamique de la mangrove durant les quatre années d’observation. L’analyse d’une première carte des dynamiques des anomalies de 2018 à 2021 permet d’identifier 3 types de dynamiques : 

  • les dynamiques positives (au moins 2 anomalies positives sur les 3 cartes),
  • les dynamiques négatives (au moins 2 anomalies négatives sur les 3 cartes),
  • la stabilité (au moins 2 fois stable sur 3).

A partir de cette carte synthétique finale, dix-huit (18) sites ont été identifiés : six (6) sites pour les dynamiques positives, six (6) sites pour les dynamiques négatives et six (6) sites pour les dynamiques stables.

Pour collecter les données de terrain plusieurs missions se sont déroulées au mois de septembre et d’octobre sur l’ensemble des sites pré-identifiés. Sur chacun des sites des mesures de la végétation (Diamètre à hauteur de poitrine, taxon, stade de développement, nombre d’individus), de la consistance du sol et un dénombrement des terriers de crabes Scylla serrata

La phase de terrain est actuellement terminée. L’analyse des données et actuellement en cours et se terminera au mois d’avril 2022.